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Une semaine au FIFIB, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux

Je reviens de Bordeaux et mes collègues de Berlin me demandent: “Alors, ces vacances?“ Mais JE N’ÉTAIS PAS EN VACANCES ! Je représentais Support your local Cinema au FiFiB, le premier Festival International du Film Indépendant de Bordeaux. Bordeaux Beautiful Bordeaux
Heureuse qui comme Ulysse était trop excité de rentrer chez lui même si ailleurs c’est pas mal non plus, voilà mon état d’esprit en partance pour le bien nommé FiFiB. Un festival interneychonawl de cinéma - chez moi, à Bordeaux City. Le rêve. Les films étaient projetés dans (mes) deux cinémas (préférés) du centre ville, deux institutions bordelaises et lieux d’exposition majeurs du Film Indépendant: l’UGC place Gambetta, et le cinéma Utopia Saint Siméon, place Camille Jullian (Qui m'est une Province, et beaucoup davantage, comme je le décrivais ici déjà en 2010 à l'époque où j’étais pas sur Facebook).


Fougue, audace et coquillettes
Cette première édition a été marquée à mon avis par une programmation aussi audacieuse qu’éclectique  Au programme de ces 5 jours de projection: 8 films en compétition officielle, une rétrospective sur l’oeuvre du réalisateur Olivier Assayas et un focus sur le canadien Jonathan Caouette.  Le festival a aussi fait la part belle à la jeunesse bordelaise avec un programme dédié, des ateliers éducatifs autour du cinéma, une conférence pro centrée sur le thème de la filière audiovisuelle, et les excellents courts de la Kino Session, laboratoire d’expérimentation pour les plus jeunes réalisateurs - sur Bordeaux depuis 2005. Le Mouvement Kino dont le motto pourrait s’appliquer à l’esprit du festival: “Faites bien avec rien, faites peu avec mieux mais faites le maintenant”.

Jeune et Joli
Fort d’une certaine arrogance (toute bordelaise, diront les langues étrangères), le FiFiB a relevé haut la main son pari ambitieux. Malgré leur jeunesse, les organisateurs ont su s’entourer des bons partenaires pour assurer une stabilité organisationnelle indispensable au succès de toute première fois. Deux salles de projection séparées par quelques minutes de marche, des sponsors locaux alliant luxe et jeunesse: Du programme Erasmus aux vignobles voisins fournissant les récompenses aux gagnants, des jeunes artistes, bénévoles, volontaires locaux, dont Jérémie Larue Charlus, auteur du sublime tableau de la Lune d’Or ou Selim Bentounes à la réalisation de l’intriguant trailer du festival. À saluer également le travail de presse autour de l’évènement, récompensé par une généreuse couverture médiatique et une fréquentation jugée satisfaisante par les organisateurs.
Mais le FiFiB s’illustre avant tout par une sélection sans compromis (à la nouille près pour moi) : beaucoup de premiers longs métrages, de jeunes réalisateurs, une liberté de ton et de regard revigorante. Une célébration du cinéma indépendant sous ses formes et nationalités les plus diverses, dont les chargés de la programmation peuvent être fiers.


À ton étoile
Un jury DeLuxe, des prix de lumières et un palmares lunaire: malgré son jeune âge, le FiFiB a déjà des airs de grand. Porté par la classe et l’élégance de sa présidente Nathalie Baye, une cérémonie de clôture marquée par la présence du maire Alain Juppé et du réalisateur Costa-Gavras (dont le dernier film, Le Capital a été projeté en avant-première), le FiFiB assume même une pointe de glamour. Il jouit pour cela d’un cadre idéal: grande ville mais à taille humaine, Bordeaux la bourgeoise est le plus grand ensemble urbain classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son port (de la lune), son miroir d’eau reflétant ses somptueuses facades du XVIIIeme siècle et sa gastronomie raffinée offrent une escale pittoresque aux festivaliers et à leur imaginaire de cinéphiles en errance.
Les ratés (et les réussis)
Pas de première fois sans quelques ratés: après les films, il manquait de temps pour assister au débat sans avoir à courir à la séance suivante. Aprés Gimme the Loot, qui a ouvert le festival, j’aurais volontiers passé plus de temps à écouté le producteur Sam Soghor parler les lieux de tournage New-Yorkais. De même à la fin d’El Estudiante, thriller académico-politique dans le milieu des syndicats étudiants de Buenos Aires il fallait choisir entre la pause déjeuner et l’analyse de l' intervenante, spécialiste du cinéma d’Amérique Latine qui nous avait déjà passionnés en introduisant le film et son réalisateur.
Mais le plus gros raté est le mien: celui d’avoir réussi à ne louper qu’UN SEUL FILM, eeeet oui, LE GAGNANT bien-sûr. La faute au temps, on ne saura me reprocher, venant de Berlin, de refuser de s'enfermer au cinéma quand il fait 27 degrés dehors (en octobre!!). Rengaine, pardonne-moi, j’ai vu ta bande-annonce, ce n’est que partie remise.
Les réussis: Tout le reste, y compris la météo, donc- il a fait beau, chaud, un peu humide, l’année 2012 sera certainement un bon cru. Vivement l’année prochaine.

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Tags: baye, bordeaux, du, festival, fifib, film, indépendant, kino, nathalie, rengaine, More…session, sylc

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